jeudi 3 avril 2025

La torture de Longue Longue : Un cri d’alarme contre l’impunité au Cameroun

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Une vidéo glaçante circule sur les réseaux sociaux, révélant la torture infligée à l’artiste camerounais Longue Longue. Cette image accablante est bien plus qu’un simple scandale : c’est la mise à nu d’une brutalité étatique qui dure depuis des décennies sous le régime de Paul Biya, aujourd’hui âgé de 91 ans et au pouvoir depuis 42 ans.

Ce que montre cette vidéo, c’est une réalité longtemps dissimulée : un État qui piétine les droits humains, qui opprime et punit ceux qui osent s’élever contre l’autorité. Il est essentiel de rappeler qu’en 1984, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Convention contre la torture, interdisant fermement toutes formes de traitement cruel, inhumain ou dégradant.

Pourtant, quarante ans plus tard, des vidéos comme celle de Longue Longue montrent que le Cameroun, sous le régime de Biya, semble ignorer ces principes fondamentaux. Le lieutenant-colonel Bernard Mbu Tabala, ancien chef de la SEMIL à Douala, est pointé du doigt comme étant l’exécuteur des tortures infligées à l’artiste, un fait que les autorités ne peuvent plus cacher.

Dans un contexte politique marqué par les rivalités internes, cette vidéo fuite dans un climat où les règlements de comptes entre les différentes factions du pouvoir deviennent monnaie courante.

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Mais au-delà de la scène choquante, cette fuite met en lumière l’impunité qui règne au sein du régime. Le colonel Bamkoui, supérieur de Mbu Tabala, est lui aussi impliqué, ayant confisqué le passeport de la victime. Le silence et l’inaction des autorités face à ces atrocités ne sont plus tolérables.

En vertu de la compétence universelle, les responsables de tortures, même s’ils ne sont pas jugés au Cameroun, peuvent l’être à l’étranger. Plusieurs tortionnaires, dont les actes sont similaires à ceux dénoncés dans cette vidéo, ont déjà été condamnés en Europe. Il est temps que le monde prenne conscience de ces abus et que des actions concrètes soient entreprises pour que justice soit rendue aux victimes.

Les images de torture de Longue Longue mettent également en lumière la complicité, explicite ou implicite, des soutiens de Paul Biya. Désormais, ceux qui cautionnent ce régime ne peuvent plus dire qu’ils ne savaient pas. La violence d’État est une réalité qui écrase les opposants, les artistes et les citoyens qui osent s’élever contre un régime corrompu.

Dans une déclaration récente, Maurice Kamto, leader de l’opposition, condamne fermement cette barbarie d’État. Il appelle à une enquête urgente pour traduire en justice les responsables de ces actes inhumains. La situation de Longue Longue n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la violence que subissent les dissidents politiques et les voix critiques au Cameroun.

La vidéo de la torture de Longue Longue est un rappel douloureux de la nécessité de mettre fin à l’impunité au Cameroun. Il est temps que la communauté internationale prenne ses responsabilités et agisse pour protéger les droits humains dans ce pays. Les tortionnaires, aussi puissants soient-ils, doivent répondre de leurs crimes devant la justice.

 

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