jeudi 3 avril 2025

Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : la candidature de Tidjane Thiam, un test pour Alassane Ouattara

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La course à la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025 s’intensifie, et avec elle, les tensions politiques autour de la candidature de Tidjane Thiam. Alors que l’ancien patron du Crédit Suisse se positionne comme une alternative crédible face au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) du président Alassane Ouattara, la question de son éligibilité devient un sujet de crispation tant en Côte d’Ivoire qu’à l’international.

Une pression diplomatique croissante

D’après des informations révélées par Africa Intelligence, plusieurs acteurs internationaux s’activent discrètement pour empêcher une invalidation de la candidature de Tidjane Thiam. Emmanuel Macron, soucieux d’un processus électoral inclusif, a plaidé en faveur de l’opposant ivoirien lors d’un entretien avec Macky Sall le 27 mars. L’ancien président sénégalais, bien que prudent, a accepté de relayer ces préoccupations auprès d’Alassane Ouattara.

Le lendemain, lors d’un déjeuner à Mougins (France), Macky Sall a transmis au chef de l’État ivoirien les attentes de Paris, insistant sur la nécessité de garantir un scrutin ouvert à tous les candidats. Cependant, cette intervention diplomatique n’a pas été bien accueillie par Alassane Ouattara, qui répugne à toute ingérence extérieure sur cette question.

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Tidjane Thiam, un adversaire redouté ?

Depuis son retour sur la scène politique ivoirienne, Tidjane Thiam s’efforce de structurer son camp sous la bannière du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Son charisme et son expérience internationale en font un adversaire redouté pour le pouvoir en place. Cependant, la question de sa nationalité soulève une controverse qui pourrait être exploitée pour le disqualifier.

Déjà en 2020, les relations entre Abidjan et Paris avaient été marquées par des tensions similaires autour de la candidature de Guillaume Soro. Aujourd’hui, la même méfiance règne. Le premier cercle d’Alassane Ouattara perçoit Tidjane Thiam comme un candidat soutenu par l’Élysée, ce qui alimente un climat de suspicion et de défiance.

Ouattara sous tension

La volonté de restreindre la compétition électorale risque de renforcer l’instabilité politique en Côte d’Ivoire. En privé, l’entourage d’Alassane Ouattara se montre très critique envers les pressions étrangères, mais le président ivoirien reste stratégique dans ses échanges avec Emmanuel Macron. Lors d’un appel le 30 mars, il a préféré ne pas exprimer son irritation face à la position de la France.

Avec sept mois restants avant le scrutin, la décision d’Abidjan sur la candidature de Tidjane Thiam sera un indicateur clé du degré d’ouverture du processus électoral. Une exclusion pourrait provoquer une levée de boucliers aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, avec des conséquences difficiles à anticiper. Le président Ouattara est donc confronté à un dilemme : maintenir un équilibre entre le contrôle politique et la légitimité d’un scrutin dont la transparence est déjà scrutée de près par la communauté internationale.

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