Le centre du Nigeria a une nouvelle fois été le théâtre de violences meurtrières. Le mercredi 2 avril, des hommes armés ont attaqué plusieurs villages de l’État du Plateau, tuant au moins 40 personnes, d’après les autorités locales.
À Manguna, l’un des villages visés, le choc est immense. « Nous nous sommes cachés derrière notre maison. Après leur départ, nous avons trouvé quatre corps », a témoigné Maren Jusha auprès de l’AFP. Des familles entières ont été décimées, majoritairement des femmes et des enfants.
Ces massacres sont les derniers en date dans un État régulièrement frappé par des affrontements entre éleveurs peuls musulmans et agriculteurs chrétiens. Les tensions sont exacerbées par la compétition pour la terre, aggravée par la croissance démographique, la sécheresse et l’exploitation minière illégale.
LIRE AUSSI : Nigeria : un TikTokeur révèle la source de sa richesse et choque les internautes
Le représentant local, Farmasum Fuddang, accuse des éleveurs peuls d’avoir mené les attaques. Il parle d’un « nettoyage ethnique et religieux », ciblant des villages chrétiens. Mais la situation est loin d’être univoque. Des chercheurs soulignent la complexité du conflit, où les intérêts économiques et communautaires s’entrelacent.
L’association Gan Allah, qui représente les éleveurs, rejette toute responsabilité. Elle qualifie les meurtres de « barbares » et affirme que ses membres sont eux-mêmes victimes de spoliation foncière.
L’armée, appuyée par des milices d’autodéfense, a réagi sur le terrain, sans qu’on sache pour l’heure si les assaillants ont été identifiés ou arrêtés. Le porte-parole de la police n’a pas souhaité commenter.
Ces événements rappellent les précédents drames : 200 morts en décembre 2023, dix tués fin mars, 40 autres en mai 2024. Ce climat d’impunité et de revanche permanente entretient une spirale infernale
Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici.
Views: 0