jeudi 3 avril 2025

Burkina Faso : Médecins Sans Frontières contraint de suspendre ses opérations à Djibo en raison de l’insécurité

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Face à une insécurité persistante, Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé, lundi 21 octobre, la suspension de ses opérations à Djibo, dans le nord du Burkina Faso. Cette décision fait suite à la multiplication des incidents sécuritaires dans la région, ainsi qu’au décès tragique, en septembre dernier, d’un de ses employés dans des circonstances encore non élucidées.

Djibo, comme de nombreuses autres localités du pays, est sous la menace constante des groupes jihadistes qui entourent la ville.

Les attaques contre les infrastructures humanitaires se sont multipliées ces derniers mois : des structures médicales ont été ciblées à deux reprises, en juillet et en novembre, des points d’eau potable et des installations sanitaires ont été vandalisés ou mitraillés, et un enfant a été tué par balle à un point de distribution d’eau.

Le décès de l’employé de MSF, survenu le 2 septembre, a accentué un climat de peur et d’incertitude, poussant l’ONG à suspendre temporairement ses activités dans cette zone de plus en plus dangereuse.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où les organisations humanitaires, qu’elles soient locales ou internationales, peinent à accomplir leur mission. L’accès aux populations est entravé par l’insécurité, ce qui complique la distribution régulière des vivres et du matériel médical.

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Souleymane Drabo, membre du Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG), explique que “lorsqu’on ne peut pas avoir un accès quotidien aux transporteurs, les approvisionnements ne sont pas réguliers, il y donc inévitablement des difficultés”.

Les convois humanitaires, souvent escortés par les forces de sécurité, sont régulièrement attaqués par des groupes armés, accentuant les défis logistiques et sécuritaires.

Ce retrait temporaire de MSF est un coup dur pour Djibo, où les besoins en soins médicaux sont pressants et où l’accès à des services de base, comme l’eau potable, est constamment menacé. L’ensemble du Burkina Faso fait face à une insécurité grandissante.

Début septembre, deux employés d’Action contre la Faim (ACF) avaient disparu à Ouagadougou avant de réapparaître quinze jours plus tard. Ces événements illustrent la pression extrême sous laquelle opèrent les ONG dans cette région du Sahel.

Le retrait de MSF à Djibo pourrait entraîner une détérioration de la situation humanitaire dans cette zone. Privée d’une assistance médicale vitale, la population se trouve encore plus vulnérable face aux violences et à la crise humanitaire qui sévit dans le nord du Burkina Faso.

Tandis que la situation sécuritaire continue de se dégrader, il devient crucial de trouver des solutions pour protéger les organisations humanitaires et permettre la reprise de leurs activités essentielles pour la survie des populations locales.

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