jeudi 27 février 2025

Nigéria : un député américain accuse l’USAID de financer Boko Haram

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Au Nigéria, les déclarations du député américain Scott Perry sur un prétendu financement de Boko Haram par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ont provoqué une onde de choc.

En effet, lors d’une audition au Congrès, Perry a qualifié l’agence de « caisse noire financée par les contribuables pour des opérations douteuses ».

En réaction, la mission américaine au Nigéria a publié un communiqué le 18 février, réaffirmant son engagement contre Boko Haram et assurant que des mécanismes stricts garantissent l’intégrité de l’aide internationale.

Cependant, ces déclarations n’ont pas suffi à dissiper les inquiétudes. Au Nigéria, Boko Haram est responsable de la mort de plus de 50 000 personnes et de l’exode de 2,5 millions d’autres vers des pays voisins comme le Cameroun, le Tchad et le Niger.

Face à ces accusations, le Sénat nigérian a réclamé une enquête approfondie. Le sénateur Ali Ndume, représentant une région durement touchée par les violences de Boko Haram, a déclaré que ces allégations confirmaient de vieux soupçons sur l’implication d’ONG internationales dans le soutien aux groupes armés.

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De son côté, le chef de l’armée nigériane, le général Christopher Musa, a renforcé ces préoccupations en accusant des « acteurs internationaux » d’apporter un soutien financier et logistique à Boko Haram depuis deux décennies.

Des témoignages font état de livraisons suspectes d’armes et d’argent par des hélicoptères dans des zones contrôlées par les insurgés, selon l’ancien ministre des Affaires étrangères, le professeur Bolaji Akinyemi.

Bien que les États-Unis aient classé Boko Haram comme organisation terroriste depuis 2013, les révélations de Scott Perry jettent une ombre sur la transparence des opérations de l’USAID. Avec un financement de 1,02 milliard de dollars versé au Nigéria en 2023, dont 824 millions via l’USAID, les interrogations sur l’usage effectif de ces fonds se multiplient.

Pour Kabiru Adamu, analyste en sécurité, ces accusations soulignent la nécessité d’un contrôle plus strict des financements internationaux. Selon lui, « des questions légitimes se posent sur les conséquences inattendues de l’aide étrangère dans des pays comme le Nigeria ».

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