Depuis 2011, le Niger s’est lancé dans l’exploitation pétrolière, mais c’est véritablement ces dernières années que l’or noir s’impose comme un levier économique majeur. En témoigne l’explosion des recettes pétrolières, passées de 64,1 milliards de FCFA en 2020 à plus de 204 milliards de FCFA en 2024. Une progression spectaculaire mise en avant par le ministre en charge du Pétrole, Dr. Sahabi Oumarou, lors d’un entretien sur la Télévision nationale, le 24 février 2025.
Une résilience économique post-crise
Au-delà des chiffres, le ministre a souligné le rôle central du pétrole dans la résilience économique du Niger après les événements du 26 juillet 2023. Dans un contexte marqué par des défis politiques et sécuritaires, les ressources pétrolières ont permis d’amortir les chocs économiques et de maintenir une certaine stabilité budgétaire. Cette manne financière croissante a renforcé la souveraineté économique du pays, lui permettant de négocier des accords stratégiques, notamment dans le domaine gazier, avec plusieurs États africains.
Un impact direct sur l’emploi
L’essor du secteur pétrolier se traduit également sur le marché de l’emploi. Trois principaux opérateurs – la China National Petroleum Corporation (CNPC), la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ) et West African Oil Pipeline Company (WAPPCO) – jouent un rôle clé dans la création d’emplois directs. À ce jour, CNPC emploie 409 Nigériens, SORAZ en compte 442 et WAPPCO 85. À cela s’ajoute un réseau de sous-traitants qui bénéficie indirectement de l’expansion du secteur.
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Des perspectives encourageantes
Les perspectives s’annoncent prometteuses. Le gouvernement, sous l’impulsion du Chef de l’État, s’est fixé plusieurs objectifs stratégiques :
• Renforcement du cadre de gestion des ressources pétrolières et gazières pour maximiser leur contribution à l’économie nationale.
• Mise en place d’un environnement attractif pour les investissements, afin d’attirer davantage d’acteurs dans le secteur.
• Évaluation et suivi des performances pour garantir une gouvernance transparente et efficace des ressources pétrolières.
Avec ces réformes, le Niger ambitionne de consolider son rôle de producteur pétrolier et d’intégrer davantage la chaîne énergétique africaine.
Un défi de gouvernance et de redistribution
Si la croissance des revenus pétroliers est une avancée majeure, elle pose également la question de leur gestion efficace et de leur redistribution équitable. Dans un pays où les défis sociaux restent nombreux, l’enjeu est de traduire ces gains économiques en améliorations concrètes pour la population, notamment en matière d’infrastructures, de services sociaux et d’industrialisation.
L’or noir nigérien est donc à un tournant décisif : levier de développement durable ou simple rente financière ? Tout dépendra de la capacité des autorités à en faire un véritable moteur de transformation économique.
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